Test du compteur iGPSPORT BiNavi : Ambitieux mais encore perfectible
Depuis quelques années, les marques chinoises bousculent le marché des compteurs GPS pour vélo. Face aux géants comme Garmin ou Wahoo, certaines proposent désormais des produits très complets à des tarifs bien plus agressifs. Avec le BiNavi, iGPSPORT veut clairement passer dans une autre dimension : grand écran tactile, navigation avancée, connectivité complète et autonomie annoncée de plus de 30 heures.
Sur le papier, tout est là pour séduire. Mais qu’en est-il réellement à l’utilisation ? Après plusieurs sorties sur route et VTT voici notre test complet.
Premières impressions : un compteur qui en impose
Dès l’ouverture de la boîte, le BiNavi donne l’impression d’un produit ambitieux. Le compteur est assez large et adopte un design proche de ce que l’on peut trouver chez les modèles premium du marché. Je dirais qu’en terme de dimensions il se rapproche d’une Edge 1050 mais en étant moins long et un peu plus large. Cela se confirme sur la balance avec ses 103 g sur la balance et ses dimensions de 101 × 60 × 14,5 mm, il n’est pas le plus compact, mais il reste dans la moyenne pour un GPS à grand écran.
L’élément qui attire immédiatement l’attention est l’écran est la qualité des couleurs et l’incroyable luminosité de l’écran, c’est clairement au niveau des nouveaux compteurs Garmin à ce niveau là et bien supérieur à Wahoo. Le tactile rend la prise en main super facile.

Même constat sur le vélo, l’écran est très lisible, y compris en plein soleil. Les données sont grandes et l’interface est claire. Pour ceux qui aiment afficher beaucoup d’informations (puissance, cadence, FC, pente…), la surface d’affichage est clairement un avantage. Par contre sur un cockpit de VTT le format de l’écran est presque trop grand, mais cela reste un ressenti personel.
Autre bon point : le compteur combine écran tactile et six boutons physiques, ce qui reste très pratique sous la pluie ou avec des gants. Un point qui me rassure pour moi qui déteste les écrans 100 % tactiles car ils deviennent durs à utiliser avec des gants.
Une configuration rapide et une connectivité très complète
La configuration du compteur se fait via l’application iGPSPORT. La connexion Bluetooth est rapide et la synchronisation des capteurs ne pose généralement pas de problèmes.
Le BiNavi est compatible avec la majorité des accessoires du marché comme :
- capteurs de cadence et vitesse
- ceintures cardio
- capteurs de puissance
- radars arrière
- home trainers
- transmissions électroniques (Shimano Di2, SRAM eTap, Campagnolo EPS)
Le compteur peut communiquer via Bluetooth, ANT+ et Wi-Fi, ce qui facilite l’intégration avec les plateformes d’entraînement comme Strava, Komoot ou TrainingPeaks. L’import des parcours est relativement simple : on peut envoyer un GPX depuis l’application ou synchroniser un itinéraire créé sur Komoot ou Strava, comme la majorité des compteurs.
On a le choix de créer plusieurs profils comme sur les compteurs Garmin, pour ma part j’ai créé un profil Route, un VTT et un home-trainer pour avoir des données différentes en fonction de ma pratique.

Comme vous pouvez le voir sur la photo, l’écran d’accueil est d’inspiré d’une interface de téléphone. On y retrouve toutes les fonctionnalités du compteur, le résumé de notre état d’entraînement et les paramètres.
Navigation et fonctions d’entraînement : un GPS très complet
Le BiNavi a clairement été pensé pour offrir une bonne navigation. Il embarque des cartes hors ligne et un système de recalcul d’itinéraire si l’on sort du parcours prévu. Franchement la navigation se passe très bien sur la route, et même en VTT les chemins sont bien indiqués et la navigation se fait sans encombres.
Le GPS utilise plusieurs constellations (GPS, Galileo, GLONASS, BeiDou…) avec une réception multi-GNSS double fréquence, ce qui améliore la précision dans les zones difficiles comme les vallées ou les forêts. Sur le terrain, l’accroche satellite est rapide et la trace enregistrée est précise. Je n’ai pas remarqué de problème de trace sur mes sorties donc c’est assez rassurant à ce niveau-là.
Parmi les fonctions de navigation intéressantes j’ai noté :
- Navigation virage par virage
- Retour au point de départ
- Alertes sonores
Le compteur n’a rien à envier à la concurrence en termes de navigation, de plus son écran facilement lisible le rend encore meilleur comparé à d’autres compteurs.

Le BiNavi propose également une fonctionnalité que j’adore, la gestion de la musique sur votre téléphone. En effet il est possible de pouvoir gérer et baisser le son ou passer au prochain titre, que cela soit de la musique ou un podcast. Cette fonction est également présente chez Garmin et Wahoo mais je la trouve bien plus fonctionnelle

Une autonomie XXL
L’autonomie est un des points forts du compteur. La batterie de 1250 mAh promet environ 30 à 35 heures d’utilisation, selon les fonctionnalités activées. Cela en fait un des compteurs avec la plus grosse autonomie, c’est plus qu’un Edge 1050 et au même niveau qu’un 1040 Solar.
Même avec GPS actif, navigation et capteurs connectés, la consommation reste raisonnable. Mais il faudra plutôt compter 20h d’autonomie en réalité, ce qui reste très solide.

Le compteur se recharge via une prise USB-C qui est devenu le standard des équipements de vélo en 2026, il faudra compter environ 1h30 pour une recharge complète du compteur.
Une interface perfectible
Si le matériel m’a vraiment convaincu je pense que le logiciel reste perfectible. L’interface est globalement simple, mais parfois un peu moins fluide que chez Garmin ou Wahoo. Certains menus demandent un temps d’adaptation mais cela reste probablement une question d’habitude.
L’application mobile n’est pas mauvaise mais je la trouve moins facile d’utilisation que Wahoo ou Garmin, et c’est peut-être là que la différence se fait. L’application est ultra complète voire même trop, ce qui a pour effet de parfois nous perdre ou du moins de rendre la prise en main plus compliquée. On notera également quelques traductions hasardeuses sur la version Française de l’application.
J’ai également été déçu par l’absence de certaines fonctions comme les segments Strava Live qui est pour moi une fonction indispensable pour chasser les KOMs.
Ces problèmes ne rendent pas le compteur inutilisable, mais ils rappellent que le logiciel est encore en évolution. La bonne nouvelle est que la marque publie régulièrement des mises à jour firmware et qu’on peut encore espérer voir les Segments Strava débarquer prochainement.

Mon avis final sur le IGP Sport BiNavi
Au final, le BiNavi est un compteur qui tient globalement ses promesses. Il combine un matériel solide, un grand écran lisible et une autonomie impressionnante. Malgré quelques petits défauts, le BiNavi représente une alternative sérieuse aux GPS haut de gamme, surtout pour les cyclistes qui privilégient la navigation et l’autonomie.
Avec quelques mises à jour logicielles supplémentaires, il pourrait devenir l’un des meilleurs rapports qualité-prix du marché à condition d’aimer les compteurs aux grands gabarits.
Un compteur très prometteur, qui prouve que les marques chinoises peuvent désormais rivaliser avec les références du marché, ce n’est d’ailleurs pas pour rien si cette année-là Groupama FDJ United utilise ce compteur.
