S’il y a bien un coureur qui détonne dans le peloton professionnel actuel par son style et son approche de l’entraînement, c’est Quinn Simmons. L’ancien champion du monde junior ne jure pas seulement par les chiffres de son capteur de puissance ; il cultive une approche brutale, basée sur des volumes d’entraînement monstrueux et une résilience physique hors norme.
Décortiquons la méthode Simmons pour comprendre comment ce moteur hors norme se forge et ce que nous, cyclistes amateurs, pouvons en tirer pour passer un palier.
Le volume massif : La « base » avant tout
La première chose qui saute aux yeux quand on consulte le Strava de Quinn Simmons, c’est le volume. Là où beaucoup de pros modernes optimisent chaque minute, Simmons n’hésite pas à accumuler des semaines à plus de 30 ou 35 heures de selle.
Pour lui, l’endurance fondamentale n’est pas une option. Il passe énormément de temps en Zone 2, construisant une base aérobie si solide qu’il peut encore produire des efforts explosifs après 250 km de course.
- La leçon pour les coureurs amateurs : Si vous voulez progresser, n’essayez pas de compenser un manque de temps uniquement par de l’intensité. Augmenter votre volume hebdomadaire, même de 10 %, en endurance pure, est le meilleur moyen d’élever votre plafond de performance.

Le travail de force : Le moteur de « Classicman »
Simmons est un coureur puissant, taillé pour les classiques flandriennes et les échappées au long cours. Pour emmener des braquets de géant, il intègre énormément de travail de force sous-critique.
Il n’est pas rare de le voir effectuer des montées de cols à une cadence très basse (entre 40 et 50 RPM) tout en restant bien calé dans sa zone de puissance cible. Ce travail renforce les fibres musculaires et améliore l’efficience du pédalage.
- La leçon pour vous : Intégrez des séances de « force-vélo » une fois par semaine. 5 à 10 minutes en côte avec un gros braquet, en restant assis et sans tirer sur le guidon, pour muscler votre coup de pédale.

L’intensité « Polarisée »
L’entraînement de Quinn Simmons suit un schéma polarisé strict : soit il roule très tranquillement (Endurance), soit il s’inflige des séances d’intervalles d’une violence rare. Il ne passe quasiment pas de temps en « Zone grise » (le rythme modéré qui fatigue sans vraiment faire progresser du style tempo).
Ses séances favorites ? Les intervalles VO2 Max (type 30/30 ou 4/4) réalisés souvent après plusieurs heures de selle pour simuler le final d’une course. C’est cette capacité à produire de la puissance dans la fatigue qui fait sa force.

Varier les terrains avec le Gravel et le VTT
Originaire du Colorado, Simmons ne s’entraîne pas uniquement sur l’asphalte parfait des routes espagnoles. Il passe énormément de temps sur son vélo de Gravel ou son VTT.
Cette polyvalence lui permet de travailler sa technique de pilotage, mais aussi son agilité et sa capacité à gérer les changements de rythme brutaux que l’on ne retrouve pas forcément sur la route. C’est aussi un excellent moyen de garder une fraîcheur mentale : varier les plaisirs pour éviter le burn-out lié à la route

Développer une mentalité de guerrier
Au-delà des Watts, ce qui définit Simmons, c’est son refus de l’abandon. Il s’entraîne souvent dans des conditions dantesques (froid, neige, pluie). Pour lui, l’entraînement est autant une préparation psychologique qu’un développement physiologique. S’entraîner quand il fait mauvais, c’est s’offrir un avantage psychologique sur ses concurrents le jour de la course car on aura traverser des moment bien plus difficile à l’entraînement.

Peut-on s’entraîner comme lui ?
À moins d’être payé pour rouler, copier-coller les 1200 km hebdomadaires de Quinn Simmons est le meilleur moyen de finir chez le médecin. Cependant, vous pouvez adopter sa philosophie avec ces principes simples :
- Priorisez la Zone 2 pour construire un socle solide.
- Travaillez votre force pour gagner en efficience.
- Polarisez vos efforts : ne roulez pas « moyen » tout le temps.
- Sortez de votre zone de confort : variez les terrains et n’ayez pas peur de la pluie.
Quinn Simmons nous rappelle que le cyclisme reste un sport d’endurance fondamentale où la résilience et le volume sont les clés du succès.
