bicarbonate cyclisme

Le bicarbonate de sodium peut-il vraiment améliorer vos performances à vélo ?

Longtemps cantonné aux placards de cuisine, le bicarbonate de sodium s’est discrètement frayé un chemin jusque dans les bidons et protocoles nutritionnels de certains athlètes de haut niveau. Derrière cet ingrédient banal se cache pourtant une promesse ambitieuse : repousser la fatigue lors des efforts les plus intenses.

Mais s’agit-il d’un réel levier de performance ou d’un simple effet de mode de plus dans le monde du cyclisme ?

Quand les jambes brûlent, la chimie entre en jeu

Lors d’un effort violent comme une attaque en bosse, une relance appuyée ou un contre-la-montre mené à bloc, le corps produit une grande quantité d’ions hydrogène. Résultat : le pH musculaire chute, les jambes brûlent, la puissance plafonne.

C’est précisément là que le bicarbonate entre en scène.

test bicarb velo

En augmentant la capacité tampon du sang, il aide l’organisme à mieux neutraliser cette acidité. En clair : la fatigue arrive un peu plus tard, laissant quelques secondes (ou watts) supplémentaires là où tout se joue.

Les études scientifiques sont plutôt claires sur ce point : les bénéfices apparaissent surtout sur des efforts courts à intenses, généralement compris entre 30 secondes et une dizaine de minutes. Autrement dit, exactement le type d’effort qui fait la différence en compétition ou lors d’un KOM disputé.

Une pratique longtemps limitée par ses effets secondaires

Si le bicarbonate n’a jamais totalement disparu des radars, son utilisation est longtemps restée marginale pour une raison simple : la tolérance digestive.

Nausées, ballonnements, troubles intestinaux… Les retours n’étaient pas toujours glorieux, et beaucoup de coureurs ont vite abandonné l’idée après un test malheureux.

250502 traka bicarb 9860

Ces dernières années, de nouvelles formes d’ingestion notamment via des systèmes d’hydrogel ont changé la donne. L’objectif : protéger le bicarbonate de l’acidité gastrique et permettre une absorption plus progressive, avec beaucoup moins d’effets indésirables.

C’est ce qui explique son retour en force dans certains pelotons professionnels.

Comment l’utiliser (sans se saboter) ?

Si l’idée vous tente, quelques principes de base s’imposent.

Le dosage généralement évoqué se situe autour de 0,2 à 0,3 g par kilo de poids de corps. Pour un cycliste de 70 kg, cela représente environ 14 à 20 g . Une quantité non négligeable, qu’il serait imprudent de tester directement le de votre course.

La façon la plus simple et la moins coûteuse sera d’utiliser des gellules mais il faudra en avaler environ entre 16 et 30 pour atteindre la dose recomandée.

Côté timing, la prise se fait en général 1 h 30 à 2 h avant l’effort, afin de laisser au corps le temps d’absorber et d’activer le mécanisme tampon.

pdp bicarb 1

Comme souvent en nutrition sportive, la réponse est très individuelle. Certains ressentent un gain clair, d’autres presque rien. Et chez quelques-uns, la digestion reste un point de vigilance.

Si vous voulez essayer sur vous je vous conseille dans un premier temps de toujours tester à l’entraînement, sur une séance clé, avant d’envisager une utilisation en course.

Est-ce vraiment utile pour les cyclistes amateurs ?

Soyons honnêtes : le bicarbonate n’est ni une potion magique, ni un passage obligé.

Pour les sorties longues à allure constante, les bénéfices sont faibles, voire inexistants. En revanche, pour les profils explosifs, les efforts répétés à haute intensité ou les formats courts et nerveux, le gain peut être réel, même s’il reste marginal.

Mais c’est précisément là que se joue la philosophie des gains marginaux : additionner de petits leviers, parfaitement maîtrisés, peut finir par faire une vraie différence.

Notre avis sur le bicarbonate

Le bicarbonate de sodium n’est pas un produit miracle, mais un outil de plus dans la boîte à outils du cycliste exigeant. Mal utilisé, il peut être inutile voire inconfortable. Bien testé, bien dosé, bien placé dans la saison, il peut offrir ce petit avantage qui sépare une bonne performance d’une excellente.

Pour un cycliste amateur il sera bien plus important de maîtriser à la perfection son apport en glucides et son hydratation pendant la course que penser au bicarbonates. Par contre pour un coureur qui fait tout à la perfection alors cela peut être un nouveau levier de performance mais comme toujours : la performance ne se joue pas sur un seul détail mais sur leur accumulation.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut